LE FORUM DE L'IPSALIEN

Tout savoir en temps réel sur la vie ipsalienne ! Bienvenue, Invité !

 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 Le casse-tête chinois de la « coopétition »

Aller en bas 
AuteurMessage
Thanos
Happy tree friend
Happy tree friend
avatar

Nombre de messages : 1227
Age : 29
Localisation : RTFM
Maître jedi : Brice/Tigrou/Furio 2k8
Promotion : ...
Date d'inscription : 19/08/2007

MessageSujet: Le casse-tête chinois de la « coopétition »   Mer 26 Nov - 23:20

Le casse-tête chinois de la « coopétition »

Usine nouvelle 19/11/2008

Les partenariats améliorent les chances de décrocher des commandes. En Chine, le partenaire d'Airbus est un consortium constitué de la China Aviation Industry Corporation (AVIC) et de la Tianjin Free Trade Zone. Airbus inaugurait le 28 septembre 2008 la première ligne d'assemblage final (FAL) des Airbus en Chine, la première hors d'Europe. La Joint Venture (dont Airbus détient 51%) produira des appareils A320 pour le marché chinois à Tianjin, ville portuaire de dix millions d'habitants à 115 km de Pékin. En échange, Airbus avait remporté une commande de 10 milliards d'euros pour 150 appareils A320 et une lettre d'intention pour 20 avions A350. Aujourd'hui, 65% des avions Airbus sont vendus en Europe. L'avenir du constructeur européen est donc conditionné par la conquête des marchés les plus dynamiques.

Le marché chinois représente à lui seul un potentiel de doublement de taille tous les quatre à six ans. Les besoins de la Chine en avion moyen-courrier de plus de 100 places (type Airbus A320 ou Boeing 737) sont estimés par les experts à environ 3000 avions d'ici 20 ans ! « Il est clair que fabriquer des avions en Chine fera que les Chinois auront une incitation plus forte à les acheter », déclare la direction du siège européen d'Airbus.

La Chine apparaît comme un partenaire idéal. Le conglomérat industriel de la République Populaire emploie plus d'un demi-million de personnes, chercheurs, ingénieurs, techniciens spécialisés, militaires détachés dans le civil, tous motivés, tous disciplinés pour participer à l'émergence d'une superpuissance. Le groupe européen a donc choisi d'édifier sa stratégie de conquête sur la base d'une confiance mutuelle et d'une coopération très étroite avec l'industrie aéronautique chinoise. Un risque calculé. A l'origine d'un concept aéronautique révolutionnaire, l'Airbus A320 est un concentré de technologies « sensibles ». Les processus sont nombreux et complexes, tout doit être informatisé et documenté dans les moindres détails afin de faciliter la gestion matricielle des connaissances entre les experts.

Le risque de transfert de technologies sensibles est considéré comme inexistant pour une usine de montage, les tronçons arrivant entièrement équipés pour être joints les uns aux autres. « Le principal pour un avionneur est de garder la maîtrise de l'architecture globale de conception », selon les experts européens.

Afin d'être sûr que la qualité des avions produits en Chine corresponde aux exigences d'Airbus, la chaîne d'assemblage final (FAL) de Tianjin est une copie conforme de l'usine ultramoderne de Hambourg en Allemagne.

Pourquoi construire une usine copie conforme de l'usine de Hambourg en Chine ? « Parce que c'est la plus récente usine d'Airbus et qu'elle possède déjà les ultimes améliorations technologiques. Ainsi, on ne prend pas de risque », explique J.-L. Charles, le directeur général de la Joint Venture Airbus-Tianjin. Airbus avait naturellement la responsabilité d'assurer la formation rigoureuse de 300 ingénieurs et techniciens spécialisés chinois au Centre de Technologie d'Airbus en Chine, mais également pour une durée d'un an à deux ans, après un enseignement de l'anglais, à Hambourg ou à Toulouse, au cœur du dispositif !

Le pari est audacieux. Le transfert de connaissances aux experts chinois se limite a priori à transmettre le savoir-faire en matière d'assemblage des composants de l'avion. Mais le processus d'assemblage final procure un accès indirect à la connaissance de matériaux composites performants et aux systèmes de navigation innovants. Il utilise des machines outils ultra sophistiquées et des technologies de pointe de soudure au laser, un avantage de productivité d'Airbus sur Boeing. Airbus a certainement pris les mesures nécessaires pour garantir l'étanchéité du secret de l'information et la loyauté de son personnel ? Mais pour combien de temps ? On sait que les frontières technologiques entre le civil et le militaire dans le domaine aéronautique sont particulièrement perméables (par exemple, la passerelle technologique entre les systèmes de navigation et les systèmes d'alerte anticollision des avions vers les systèmes de guidage des missiles). Combien de composants sensibles de dernière génération deviennent ainsi plus accessibles aux industriels partenaires, aux sous-traitants, et indirectement à l'industrie militaire ? La prise de risque apparaît asymétrique. La Chine est pourtant reconnue dans l'art de l'acquisition des technologies et des savoir-faire qui lui manquent afin de poursuivre son développement, à marche forcée. Elle a les moyens d'imposer sa règle : la pénétration de son marché dépend des investissements réalisés dans le secteur aéronautique en Chine. On présume que le groupe Airbus et les autorités de la Défense en France et en Allemagne ont pris les précautions nécessaires : cadrage contractuel et juridique strict en dépit de la complexité du code civil chinois, cartographie des savoirs stratégiques propriétaires selon le dommage encouru en cas d'appropriation frauduleuse, sécurisation des installations et des systèmes de communication, contrôle des personnels-clés et des flux d'information,... monitoring des avancées technologiques chinoises.

Les expériences passées de Joint Venture suggèrent la plus grande prudence. Les exemples de « coopétition » d'une telle envergure stratégique restent isolés ou trop récents pour en mesurer la pertinence à moyen et long termes. Il est difficile de dresser un bilan des expériences passées des pays dont les actions sont dictées par des motivations de puissance. Mais on constate que le risque est important de voir les dispositions des accords initiaux dénaturés au cours de leur application. Les risques d'appropriation sont directement corrélés à la spécificité de la filière aéronautique. La codification et la normalisation des procédés impliquent une grande complexité mais la documentation technique est précise et structurée. Au vu des récentes performances de la Chine dans le domaine aéronautique et spatial, on peut estimer que le pays dispose d'un socle de « capital intelligence » très performant. Cet acquis facilite le ciblage des technologies et procédés de fabrication identifiés comme essentiels à la maîtrise de l'ensemble du secteur du transport aérien. La dernière génération de technologie de fabrication et d'assemblage final apportées par Airbus apportera une expérience unique. En investissant massivement par la suite dans l'augmentation des capacités de production, la Chine pourrait bénéficier d'un avantage de coût substantiel et durable pour exporter ses avions en Asie du Sud-est et au-delà.

La capacité de la Chine à mobiliser des ressources humaines et financières semble démesurée. En y mettant le prix et les moyens, la maîtrise d'innovations clés pourrait être plus rapide que prévu. L'ex-président d'Airbus Allemagne, Gustave Humbert, évoquait déjà l'ambigüité de la stratégie de conquête du marché en Chine : « The question is how much of the newest technology you are able to transfer ? You have to make sure that you are the master of the newest technology and not give away technology which might work against you tomorrow, with competitors copying you later ».

Dans une économie de marché dont les pratiques sont mieux balisées, le pari d'implanter une ligne d'assemblage final pourrait se révéler une stratégie cohérente et performante. Mais en République Populaire de Chine, pointée du doigt comme le pôle mondial de la contrefaçon ? C'est étonnant. L'intense médiatisation autour des difficultés rencontrées par Airbus et la pression concurrentielle de Boeing ont certainement contribué à rajouter la pression sur le groupe pour obtenir la signature de la commande des appareils A320 par la Chine. Du même coup, Airbus améliorait son classement au palmarès mondial annuel des constructeurs d'avions. Le rapport de force de la négociation a pu basculer ainsi. Pour parvenir à signer la commande, Airbus a probablement du consentir des contreparties exigées par les négociateurs chinois.

Pourtant, la désillusion récente de Siemens dans le domaine ferroviaire en Chine contraste avec la confiance affichée par Airbus sur son développement futur dans le pays. Rappelons les faits. En 2005, Siemens remportait l'appel d'offre du ministère chinois des Chemins de fer avec l'industriel Tangshan, son partenaire. Le contrat représentait soixante trains à grande vitesse pour la première ligne TGV chinoise reliant Pékin à ... Tianjin ! La technologie de l'InterCityExpress-ICE du consortium dirigé par Siemens avait permis la mise au point du dernier modèle chinois de la série CRH (China Railway High-speed). Presque tous les trains ont été construits en Chine par son partenaire Tangshan, mais en réalité, c'est le monumental projet de la ligne Pékin-Shanghai qui était la cible du constructeur allemand. Un enjeu financier énorme et une prestigieuse vitrine technologique : construire une ligne à grande vitesse ultramoderne (200 km/h avec des pointes à 350 km/h) sur une distance de 1300 km pour relier la capitale politique au centre économique et financier grâce à la plus grande ligne au monde d'un seul tenant. Un investissement estimé à 22 milliards d'euros. Mais lorsque le projet est officiellement lancé par le premier ministre chinois, fin avril 2008, les autorités de Beijing envisagent plutôt de faire appel à une technologie ... 100% chinoise.

Le rêve de construire un avion gros porteur 100% chinois, symbole de puissance, a aussi pris forme. Et la construction de l'A320 en Chine apparaît soudainement comme un tremplin qui permettra à la Chine d'y parvenir ... plus rapidement. Impensable ? Pourtant, dès 2006, le premier ministre chinois Wen Jiabao évoquait la volonté de réaliser un avion gros porteur 100% chinois. Et deux ans plus tard, le 11 mai 2008, la Chine annonçait le lancement de son programme de construction d'un avion gros porteur à Shanghai ! La Commercial Aircraft Corporation of China Ltd. (CACC) était créée. Sa mission : fabriquer un avion de plus de 150 passagers. Le pays ne semble-t-il pas poursuivre une trajectoire d'expansion accélérée sur plusieurs axes simultanément ?

En réaction, à cette annonce d'un partenariat évoluant vers la rivalité, Airbus a adopté une posture figée et d'apaisement en réitérant sa confiance envers ses partenaires chinois.

Airbus s'est trouvé attiré dans un vortex de surenchère. Il s'est engagé à accroître ses investissements en R&D avec des partenaires chinois et a prévu de tripler l'approvisionnement en provenance de la Chine pour atteindre 500 millions $ d'ici à deux ans environ. Au final, les rapports semblent s'être inversés. Maintenant, c'est au tour d'Airbus de manifester son intérêt pour participer au projet chinois. Le culte du « produit » s'est encore révélé comme le talon d'Achille. Le centre de gravité de la culture des plus beaux fleurons technologiques européens apparaît encore une fois dominé par la conviction que la qualité intrinsèque du produit technologique constitue en soi une barrière à l'entrée durable. Pour l'A320, on a envie d'y croire, mais on peut d'emblée anticiper quelques complications. Surtout lorsque c'est le président d'Airbus China, Laurence Barron, qui expose sa vision: « I am sure we will expand our business in China, although some factors might make China our competitor ».

Normand Allaire et Christian Harbulot

Normand Allaire est Directeur associé du cabinet ALTAIS
Christian Harbulot est directeur de l'Ecole de Guerre Economique (groupe ESLSCA)

_________________
ex-Vice-Prez Dreamage
En d'autres temps, d'autres lieux...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.elisa-students.fr/
Gug
Administrateur
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 1072
Age : 33
Localisation : Sous un parachute ...
Maître jedi : Singe
Promotion : 2008
Date d'inscription : 14/10/2004

MessageSujet: Re: Le casse-tête chinois de la « coopétition »   Mer 26 Nov - 23:28

alors je te le dis tout de suite, personne ne lira tout ce pavé...

meme un stagiaire Ipsa en pleine période d'emmerdement maximum n'aura pas le courage de lire tout ca

_________________
Co-fondateur Dreamage
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://dreamage.org
Chybro
Administrateur
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 631
Age : 30
Localisation : EIP50S
Maître jedi : Philou 2k8
Promotion : canapé
Date d'inscription : 10/11/2006

MessageSujet: Re: Le casse-tête chinois de la « coopétition »   Jeu 27 Nov - 1:05

j'ai lu le titre... qui dit mieux ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Philou
Administrateur
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 1207
Age : 33
Promotion : 2008 Best promo ever
Date d'inscription : 13/10/2004

MessageSujet: Re: Le casse-tête chinois de la « coopétition »   Jeu 27 Nov - 1:58

Le vocable « convulsionnaires » a été forgé au XVIIIe siècle à partir du terme médical de convulsion. En effet, il servit à l'origine à désigner collectivement des individus atteints de troubles mentaux qui, lors de transes mystico-religieuses, présentaient des convulsions, entre autres manifestations spectaculaires. Le terme fut ensuite repris dans la désignation d'un mouvement politico-religieux, né dans le contexte de l'opposition janséniste à la bulle Unigenitus et à la répression politique et religieuse des prêtres appelants, appelé par ses acteurs « Œuvre des convulsions ».

Le mouvement convulsionnaire est riche d'interprétations. Il se situe au carrefour de l'histoire du jansénisme, de pratiques religieuses traditionnelles, d'un sentiment d'indignation du petit peuple parisien, de la naissance de l'opinion publique et du monde sectaire[1]. Il évolue durant le XVIIIe siècle et pousse ses derniers développements jusqu'au cœur du XIXe siècle.

À la fois religieuse et scandaleuse, l'« œuvre des convulsions », est objet d'attention, de réprobation et d'interrogations pour ses contemporains, tout en étant fermement condamnée par l'Église. Les convulsions sont souvent vues comme une déchéance du jansénisme. Au milieu du XIXe siècle, Sainte-Beuve parle ainsi, dans son Port-Royal, d'« ignominie des convulsions ».

Pour saisir ce que fut le mouvement convulsionnaire, il faut faire coexister la rationalité pure avec les pratiques religieuses populaires teintées de merveilleux qui font le quotidien des quartiers commerçants du Paris de la première moitié du XVIIIe siècle. L'origine des convulsions tient à la querelle janséniste. Si les convulsions semblent ne rien avoir de commun avec l'austère piété des habitants de Port-Royal-des-Champs, leur existence est pourtant directement liée à la persécution contre les religieuses et les prêtres liés au jansénisme.

Nota bene : l'orthographe des citations de documents d'époque a été conservée.
Sommaire
[masquer]

* 1 Du jansénisme aux convulsions
* 2 Le diacre Pâris et le cimetière de Saint-Médard
* 3 Apparition des secours
* 4 Désaccord au sujet des convulsions chez les jansénistes
* 5 Les prophéties convulsionnaires
* 6 L’enfermement et les grands secours
* 7 Extension du mouvement : le pinélisme
* 8 Les communautés convulsionnaires en province
o 8.1 L'exemple lyonnais
o 8.2 Fareins et les Bonjouristes
o 8.3 Le jansénisme dans le Forez
o 8.4 La géographie convulsionnaire
* 9 Les convulsionnaires et la Révolution française
* 10 Vers une extinction du mouvement au XIXe siècle
o 10.1 Le groupe lyonnais
o 10.2 Les bonjouristes, vers un éloignement de la filiation janséniste
o 10.3 Les « communicants »
* 11 Les convulsionnaires dans l'histoire de la psychiatrie
o 11.1 Les convulsionnaires vus par les partisans du magnétisme animal
o 11.2 Les convulsionnaires vus par les premiers aliénistes
o 11.3 Les convulsionnaires vus par les psychanalystes
* 12 Les mal-aimés de l'historiographie janséniste
* 13 Sources sur le mouvement convulsionnaire
* 14 Bibliographie
* 15 Références

Du jansénisme aux convulsions [modifier]
Icône de détail Article détaillé : Jansénisme.
Les paroisses jansénistes parisiennes dans la première moitié du XVIIIe siècle.

En principe, l'affaire janséniste est close depuis la ferme condamnation de l'« hérésie janséniste » par la bulle papale Unigenitus en 1713. Ce texte, rejetant les principales thèses propres aux jansénistes sur la grâce et la prédestination, n'a pas pour autant réussi à les réduire au silence. Le jansénisme n'est plus seulement un débat théologique réservé à l'élite : il s'est démocratisé. Le petit peuple des villes ne l'ignore plus, et il admire le dévouement du clergé janséniste. Celui-ci, présent dans les quartiers populaires du centre de Paris, se distingue souvent par sa simplicité, sa pratique de la charité et la qualité de la vie spirituelle qu'il offre aux fidèles. Dans les années 1730, presque la moitié des prêtres de ces quartiers se situent dans la mouvance jansénisante[2].

Sous la Régence se constitue un mouvement d'évêques, de prêtres, de moines, et même de laïcs qui font « appel » de la bulle Unigenitus auprès du pape. Ce sont les appelants. Plusieurs de ces chefs sont excommuniés ou déposés après les appels de 1717, 1720 et de 1727. Leur condamnation est mal acceptée par le peuple parisien, qui commence à s'intéresser, selon l'expression de l'époque, aux « affaires du temps ». Cette naissance de l'opinion publique est favorable aux jansénistes, d'autant plus qu'elle est tenue au courant de toutes les affaires par les Nouvelles ecclésiastiques, journal clandestin janséniste qui est très diffusé dans les milieux populaires[3].

La cause janséniste est donc devenue une cause populaire. Elle lie dans un sentiment d'opposition au pouvoir et à Rome toute une part de la population parisienne : clercs, gens de la robe (avocats, parlementaires, etc.), petit peuple, sont prêts à prendre le parti des jansénistes.
Marguerite Périer, nièce de Blaise Pascal, guérie par le miracle de la Sainte-Épine.

D'autre part, le mouvement janséniste a toujours fait une part importante aux miracles. C'est pour eux une manière de sentir l'approbation divine. Ainsi, le miracle de la Sainte-Épine, qui guérit la jeune Marguerite Périer en pleine période de condamnation du jansénisme, est-il vu comme une intervention de Dieu en faveur de leur cause.

Au début du XVIIIe siècle, alors que la condamnation du jansénisme est définitive, il ne reste donc plus que le recours à Dieu pour défendre leur cause.

Les premiers miracles liés aux appelants ont lieu dans les années 1720. Celui de madame Lafosse fait autant de bruit à Paris que celui de Marguerite Périer en 1656 : le 31 mai 1725 la dame Lafosse, qui souffre de pertes de sang « qui l'avaient réduite à l'extrémité[4] » depuis une vingtaine d'années, suit la procession de la Fête-Dieu. Elle est subitement guérie, alors même que le prêtre qui portait l'ostensoir, Jean-Baptiste Goy, est appelant. Le miracle est reconnu comme une preuve de la présence réelle, et la paroisse Sainte-Marguerite, où il a eu lieu, le commémore pendant près d'un siècle. Ce miracle attire l'attention du monde parisien : Voltaire cherche à savoir si le miracle est véridique, rencontre la femme et lui offre une somme d'argent qu'elle refuse[5]. Cela n'empêchera pas le philosophe de dénigrer le miracle quelques années après, dans son Siècle de Louis XIV, en disant que « le Saint-Sacrement guérit en vain la femme Lafosse, au bout de trois mois et en la rendant aveugle[6]. »

Deux ans après meurt Gérard Rousse, un chanoine du diocèse de Reims, prêtre et appelant. Sur sa tombe se multiplient alors les miracles, comme ceux de la dame Stapart et d'Anne Augier. Des gravures de Jean Restout sont diffusées largement et illustreront par la suite le livre de Louis Basile Carré de Montgeron, La vérité des miracles de M. de Pâris démontrée contre M. l'Archevêque de Sens[7] (1737). Ces miracles sont très populaires[8].

Le mouvement convulsionnaire naît, en tant que tel, des évènements qui se produisent sur la tombe d'un simple diacre appelant mort en 1727 : François de Pâris.

Le diacre Pâris et le cimetière de Saint-Médard [modifier]
Icône de détail Article détaillé : François de Pâris.

Autour de la tombe de François de Pâris, dans le cimetière de l'église Saint-Médard à Paris, ont lieu successivement entre 1727 et 1732 des guérisons miraculeuses et des « crises de dévotion » se manifestant chez les fidèles par des convulsions généralisées.
Gravure d'un buste représentant le diacre François de Pâris

Pâris est un diacre modèle. Il est célèbre et aimé parmi les pauvres du quartier Saint-Médard, à qui il offre par testament tous ses biens. Il meurt le 1er mai 1727, et les miracles commencent sur sa tombe dès le jour de son enterrement. Puisqu'il est considéré comme un saint par le peuple, des malades touchent sa tombe en espérant être guéris. Ainsi, une femme paralysée du bras se déclare guérie dès le jour de l'inhumation du diacre[9]. Le cimetière devient alors très rapidement le lieu de rendez-vous d'une foule de candidats à la guérison et de simples spectateurs, de toutes conditions sociales. On vient se coucher sur la pierre tombale pour se faire soigner, on récolte la terre autour du monument pour en faire des baumes ou des emplâtres.

À partir de juin 1731, les guérisons soudaines se multiplient et certains malades commencent à éprouver des mouvements convulsifs dans le cimetière. Un scandale a même lieu le 7 août 1731 : une dame Delorme, souhaitant se moquer des miracles auxquels elle ne croit pas, se rend au cimetière et se retrouve soudainement frappée de paralysie. Elle avoue devant notaire son intention de dénigrer les miracles et cette affaire pousse l'archevêque de Paris, monseigneur de Vintimille, à affirmer dans un mandement qu'ils sont faux, et que ce culte des reliques doit cesser.

Alors, comme s'il fallait des miracles plus démonstratifs encore, la nature du phénomène se transforme. Les guérisons s'opèrent désormais à travers de longues et douloureuses crises de convulsions. Ces accès de tremblements incontrôlés, accompagnés de hurlements et de craquements d'os, impressionnent vivement. Les corps des sujets sont comme possédés, tordus et tirés dans tous les sens par une force mystérieuse qui leur arrache des mouvements désordonnés. Les yeux sont révulsés, la bouche écumante.

L'effet scabreux des scènes n'échappe pas à la police du roi : « Ce qu'il y a de plus scandaleux », dit un indicateur, « c'est d'y voir des jeunes filles assez jolies et bien faites entre les bras des hommes, qui, en les secourant, peuvent contenter certaines passions, car elles sont deux ou trois heures la gorge et les seins découverts, les jupes basses, les jambes en l'air… » Appelés à juger, les médecins du roi ne voient dans le phénomène qu'une imposture[10].

Le 27 janvier 1732, une ordonnance du roi déclare qu'on cherche à Saint-Médard à abuser de la crédulité du peuple et, en conséquence, le cimetière est fermé[11]. Immédiatement, un petit distique ironique fleurit et se répand dans Paris : « De par le roi, défense à Dieu / De faire miracle en ce lieu[10]. »

Le phénomène des convulsionnaires, tout comme la querelle autour de l'Appel, sont extrêmement populaires et sources de prise de position, sans que la religion soit vraiment plus qu'un prétexte :

« Car voilà dans cette ville deux partis bien formés sous prétexte de religion, les jansénistes et les molinistes, sur des faits, des distinctions et des interprétations que la plupart des uns et des autres n'entendent pas ; mais qu'importe ! Le parti des jansénistes est plus fort de vrai et entêté comme un diable. Les femmes, femmelettes, jusqu'aux femmes de chambre qui s'y feraient hacher[12]. »

Apparition des secours [modifier]

Le terme « convulsionnaire » apparaît spontanément à la fin de l'année 1731. Il n'a alors aucune connotation médicale et est parfaitement inconnu des traités de médecine de l'époque[13]. Il est utilisé à la fois par les partisans des convulsions et par leurs détracteurs, qui parlent cependant aussi de « convulsionnistes ».
Séance de secours : une femme se frappe à coups de battoir. La légende de la figure indique : « Percutiam et ego Sanabo » (Je frapperai et je guérirai - Deutéronome XXXII, 39). Gravure anonyme du XVIIIe siècle

Après la fermeture du cimetière Saint-Médard, les convulsionnaires se réunissent dans des lieux privés, salons, caves ou greniers. Les séances se déroulent devant un public restreint formé de partisans convaincus. Les convulsions changent progressivement de signification : de signes de guérison, elle deviennent les manifestations d'une agression du corps du convulsionnaire. Celui-ci demande alors aux autres assistants de le « secourir[14] ». Les secours deviennent alors une action des assistants pour détendre et soulager le convulsionnaire. Il s'agit de tirer ou presser ses membres crispés, de l'aider à supporter l'agression. Les médecins et apothicaires du temps se penchent sur le phénomène, surpris de l'absence de douleur des convulsionnaires :

« On le fit approcher d'une petite couchette ou était la convulsionnaire en convulsion. Il examina tous ses mouvemens et aidait comme les autres à empêcher qu'elle ne se blessât en tombant ou en se heurtant. Ces sortes d'agitations irrégulières aiant duré quelques tems, il fut fort surpris de voir tous les membres de cette fille se raccourcir. Alors, examinant de près et touchant sa poitrine et tous ses membres, il remarqua une contraction de nerfs, qui devint par progression si violente que tout son corps se défigurait d'une manière monstrueuse […]. Il nous dit tout d'un coup : tirés-la donc, Messieurs, car elle va mourir. […] Enfin, la contraction redoublant toujours, il nous fit mettre jusqu'à 5 sur chaque membre, que nous tirâmes de toutes nos forces[15]. »

Rapidement, on donne à ces crispations, ces convulsions martyrisantes, une signification symbolique adaptée au contexte de lutte du moment : le convulsionnaire représente l'Église souffrante, persécutée, contrainte de subir les attaques commises contre la Vérité. Les secours sont alors des figurations des attaques menées contre l'Église. Bien entendu, l'Église figurée par les corps des convulsionnaires n'est pas l'Église réelle du temps, mais l'Église idéale des convulsionnaires, celle où les jansénistes ne seraient pas attaqués et où la bulle Unigenitus n'existerait pas[16] :

« Elles tiraient de toutes leurs forces et pour leur en donner davantage, on tirait ces deux demoiselles par les épaules de façon qu'il y avait 4 personnes occupées à ce secours. Pendant cette opération, sœur Françoise [la convulsionnaire] s'écriait : « tirez fort, arrachez ». C'était aynsi qu'ils arrachaient l'Église comme on m'a rapporté qu'elle l'avait dit la veille[17]. »

Les séances convulsionnaires deviennent des mises en scène de la persécution. Les secours se font de plus en plus violents, et la résistance aux coups est une justification de l'efficacité de la grâce et des prises de position des convulsionnaires : leur action est juste puisque les personnes récipiendaires des secours ne semblent pas éprouver de douleur.

On « joue » également, lors de ces séances, des scènes de persécution de l'histoire de l'Église : « Elle représentait aussi un Christ étendu ayant pour lors les bras et les pieds raides comme des barres de fer. Elle figurait également la descente de Croix et estait pour lors comme une personne véritablement morte. Elle représentait aussi les supplices de St Pierre, c'est-à-dire crucifiée la teste en bas […]. Dans le commencement de ce supplice elle chantait quelquefois un magnificat et d'autrefois un cantique, elle paraissait véritablement morte. […] Ses bras et ses pieds absolument raides, sans mouvement, elle renaissait ensuite[18]. »

Désaccord au sujet des convulsions chez les jansénistes [modifier]
Convulsionnaires à la Bastille. Gravure anonyme du XVIIIe siècle.

Ces séances inquiètent le pouvoir, et Louis XV, dans une ordonnance de 1733, interdit ces réunions. S'ensuit une vague d'arrestations, qui conforte les convulsionnaires dans leur idée qu'ils sont un petit nombre d'élus persécutés parce qu'ils défendent la Vérité. Ils se comparent aux chrétiens des premiers temps de l'Église[16].

Environ 250 convulsionnaires sont arrêtés entre 1733 et 1760. La majorité d'entre eux sont des femmes d'origine populaire et la plupart ne font que de courts séjours à la Bastille, reprenant leurs activités convulsionnaires dès leur sortie[19].

_________________
Luttons contre "LA FAUTE" :

http://bancomicsans.com/home.html
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Gma
Gros Gay
Gros Gay


Nombre de messages : 758
Age : 29
Localisation : Créteil
Maître jedi : Pada du GrizzLee
Promotion : 2012
Date d'inscription : 23/11/2006

MessageSujet: Re: Le casse-tête chinois de la « coopétition »   Jeu 27 Nov - 2:38

La pornographie est la « représentation complaisante de sujets, de détails obscènes, dans une œuvre artistique, littéraire ou cinématographique »[1]. Cette représentation d’acte sexuel a pour objectif d’exciter sexuellement le spectateur[2],[3]. Ainsi, l’actrice Tiffany Hopkins la définit comme « avant tout un objet de divertissement qui a pour finalité la masturbation »[4].

Au XVIIIe siècle et au XIXe siècle, la pornographie désignait les études concernant la prostitution. Ce qui se retrouve dans son étymologie où le mot pornographie vient du grec ancien πορνογράφος / pornográphos[5], lui même un dérivé de πόρνη / pórnê signifiant prostituée et de γράφω / gráphô, qui signifie peindre, écrire ou décrire.

Ce terme est parfois opposé à l’érotisme, bien que cette différence soit fluctuante avec le temps[6] et est souvent connoté négativement par son assimilation à la production de films pornographiques, production décriée par ses opposants comme une industrie du sexe plus intéressée par l’intérêt mercantile que par la question de la représentation sexuelle. Ils rapprochent la pornographie de la prostitution, considérant cette dernière comme une forme d’esclavage et de maltraitance des femmes. Ils insistent ainsi pour distinguer clairement la représentation de la sexualité (et de la nudité) de la pornographie.

De même, si certaines personnes acceptent la représentation des parties intimes de l’être humain, elles ne peuvent accepter la représentation réaliste de l’acte sexuel - pour des raisons très variables, allant de la pudeur à l’association de l’acte sexuel à quelque chose (une fois de plus) de honteux ou de bestial, qui tend à abaisser la dignité de l’homme. Mais pour d’autres, ce n’est pas l’acte qui est honteux, mais le fait de s’exhiber et de se livrer au désir d’autrui en niant ainsi sa propre dignité humaine (on s’abaisse à n’être qu’un moyen de satisfaction). Dans ces cas la pornographie est alors synonyme de vulgarité ou d’obscénité.



Histoire
Couple faisant l’amour. Peinture murale, à Pompeï

On trouve des représentations d’actes sexuels dans la plupart des sociétés humaines depuis la préhistoire. Mais les fonctions de ces représentations restent mal connues : ainsi, on associe souvent de telles représentations à des rites de fécondité (qui restent cependant hypothétiques).

Selon les sociétés, la représentation de la sexualité est soumise à des normes différentes qui sont souvent liées aux définitions que ces sociétés donnent de la sexualité : les célèbres sculptures érotiques des temples de Khajurâho en Inde, qui s’intègrent dans une architecture religieuse, n’avaient certainement pas le même statut que les photos pornographiques vendues « sous le manteau » dans les cités occidentales au XIXe siècle. La définition même de la pornographie change donc selon les sociétés, on trouvera dans certaines cathédrales médiévales des sculptures qui peuvent paraitre aujourd’hui obscènes mais qui à l’époque visaient seulement à dénoncer des pratiques néfastes ou diaboliques.

L’histoire de la pornographie est par ailleurs étroitement liée aux techniques de représentation artistique, littéraire ou autre. Les romans du marquis de Sade s’inscrivent dans la tradition littéraire française du XVIIIe siècle dont ils constituent un avatar extrême. Les gravures qui les accompagnent, aussi obscènes soient-elles, recourent en revanche aux techniques graphiques de l’époque et sont très peu innovantes du point de vue formel.

Aujourd’hui, la pornographie est un enjeu de débat sociétal essentiellement à cause des moyens de reproduction technique (selon l’expression de Walter Benjamin) — photographie, cinéma, vidéo, Internet — qui donnent à ces images une audience quasiment universelle. Le réalisme de l’image photographique ou cinématographique a également modifié notre perception de la pornographie : alors que toute représentation littéraire ou artistique était jusque-là frappée du sceau de l’imaginaire (l’écrivain a pu imaginer ce qu’il raconte, et le peintre reconstituer ce qu’il nous montre), la photographie, même si elle est mise en scène de façon artificielle et parfois même manipulée, nous montre quelque chose qui indubitablement a existé, a effectivement eu lieu (cf. les analyses de Roland Barthes sur la Chambre claire). Cette forme nouvelle de pornographie en tire incontestablement un pouvoir de fascination inédit qui explique la large diffusion de ces images mais également les débats qui les entourent : le sort des actrices pornographiques (beaucoup moins souvent des acteurs…) est au cœur des débats — sont-elles contraintes ? le font-elles uniquement pour l’argent ? est-ce un métier comme un autre ? — tandis que les modèles éventuels des célèbres estampes japonaises ou des sculptures érotiques hindoues suscitent moins l'interrogation.

Antiquité

À Rome, les représentations sexuelles sont réservées à l’intérieur des lupanars, pour faire patienter les clients.

En Chine, une riche littérature existe et de nombreux artefacts (peintures et sculptures) montrent une liberté de représentation de la sexualité.

En Inde également, la culture a produit de nombreuses représentations d’actes sexuels notamment à l’extérieur des temples, car la culture valorisait la sexualité dans sa dimension « sacrée » (voir à ce sujet l’article sur le Tantra).

Moyen Âge et Renaissance [modifier]

Certains voient dans François Rabelais un précurseur de la pornographie moderne. Son Pantagruel a d’ailleurs été condamné en 1533 comme ouvrage « obscène » par la Sorbonne. Mais cette condamnation portait sans doute moins sur l’obscénité du livre que sur son esprit général (que l’on peut qualifier de carnavalesque), trop éloigné des enseignements de l’Église. L’œuvre de Rabelais témoigne en outre d’une mentalité pour laquelle la sexualité faisait encore pleinement partie de la vie humaine et n’était pas considérée comme un sujet « tabou », interdit à la représentation et au discours commun. À cette époque, une catégorie comme la « pornographique » était en fait inconnue, et l’accusation d’obscénité visait beaucoup plus des comportements que des représentations (écrites ou graphiques).

Les guerres de religion qui déchirent peu après l’Europe et le mouvement de la Contre-Réforme qui va s’ensuivre modifient cependant profondément les mœurs de l’époque : d’une part, la dévalorisation de la « chair » dans ce contexte de religiosité exacerbée sera générale au XVIe siècle et au XVIIe siècle, tandis que l’Église cherchera à contrôler les comportements les plus intimes de ses fidèles (par l’entremise de la confession notamment). Si les représentations pornographiques ne sont pas prioritairement visées, elles sont les victimes de ce climat général de « puritanisme » (au sens courant du terme) qui s’installe en Europe : c’est alors qu’on repeint des feuilles de vigne sur les fresques de Michel-Ange au Vatican.

Époque classique

C'est à l'époque de la Réforme et de la Contre-Réforme que l'on situe la distinction occidentale entre ce qui serait « érotique » (le nu artistique, par exemple) et ce qui serait « pornographique », c’est-à-dire illicite et condamné à la clandestinité (même si ce ne sont pas les termes employés à l’époque classique). La contrainte exercée sur les mœurs fait donc à ce moment de la pornographie un exercice de liberté et de subversion[7].

C’est le cas notamment en France avec l’apparition d’une littérature libertine au XVIIIe siècle avec des auteurs aussi différents que Diderot (Les Bijoux indiscrets), Crébillon fils (Le sopha, Les Égarements du cœur et de l’esprit), Fougeret de Monbron (Margot la ravaudeuse), et bien d’autres auteurs aujourd’hui oubliés[8]. Les œuvres du Marquis de Sade constituent l’aboutissement extrême et singulier de cette littérature dont il donne une version particulièrement noire et cruelle (le "sadisme" de l’auteur va jusqu’au meurtre d’hommes, de femmes et d’enfants). En Angleterre, Les Mémoires de Fanny Hill de John Cleland appartiennent à la même tradition "libertine".

XIXe siècle
Illustration du roman Gamiani attribué à Alfred de Musset

Le XIXe siècle bourgeois se caractérise par un climat de « puritanisme », dont la condamnation qui frappe en France en 1857 Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire est l’exemple le plus tristement célèbre. Ce siècle est particulièrement répressif en matière de pornographie : la décence « bourgeoise » impose des limites très strictes à toute représentation sexuelle, et la moindre transgression suscite scandale, comme c’est le cas par exemple avec l’Olympia d’Édouard Manet ou encore Madame Bovary de Gustave Flaubert (même si l’écrivain réaliste, contrairement à Baudelaire, n’est pas condamné). Au début du XIXe siècle, la Bibliothèque Nationale de Paris constitue d’ailleurs son célèbre « Enfer », qui rassemble les ouvrages offensant la « pudeur ».

Malgré tout, se développe une pornographie plus ou moins clandestine, dont certaines productions sont aujourd’hui encore célèbres (par exemple Gamiani ou deux nuits d’excès attribué de façon hypothétique à Alfred de Musset ou bien l’œuvre gravée de Félicien Rops).

XXe siècle

La littérature « pornographique » émerge néanmoins progressivement dans l’espace public à partir de la fin du XIXe siècle et au XXe siècle, en particulier après la Première Guerre mondiale dans le climat de liberté des années folles. Des auteurs comme Pierre Louÿs, Apollinaire (Les Onze Mille Verges), Henry Miller, Anaïs Nin, parmi d’autres, lui donnent ses lettres de noblesse.

Par ailleurs, avec la photographie puis le cinéma sont nées de nouvelles images pornographique « prises sur le vif » et d’un réalisme inédit. Ces images circulent pendant de nombreuses années « sous le manteau » avant d’apparaître progressivement au grand jour. Les pays scandinaves autorisent les premiers la diffusion de telles images, notamment sous couvert d’éducation sexuelle (Je suis curieuse de Vilgot Sjöman, Suède, 1967).

Dans les années 1970 seulement, les films pornographiques sont autorisés dans les salles de cinéma en France et dans la plupart des pays occidentaux. Différentes restrictions sont cependant mises à cette diffusion, en particulier une interdiction générale aux mineurs. En France notamment, une loi nouvelle rend la production plus difficile avec le classement X qui multiplie les contraintes de diffusion : alors que certains films pornographiques (ou jugés comme tels) étaient diffusés sur les écrans des cinémas des « Grands Boulevards », cette nouvelle loi taxe fortement les cinémas réputés pornographiques, qui deviennent un secteur « spécialisé » et marginalisé. On assiste ensuite à la disparition quasi-totale de ces salles dans les années 1990, conséquence entre autres de l’apparition de la cassette vidéo.

Aujourd’hui, le développement d’Internet permet aux contenus pornographiques de se diffuser plus largement encore et modifie profondément la structure du marché en favorisant une consommation strictement privée de ces productions. Si le cloisonnement entre le monde de la « pornographie » (plus ou moins stigmatisée) et la sphère publique n’est pas totalement étanche, la barrière est bien présente et maintenue sous la pression de différents groupes sociaux plus ou moins actifs (beaucoup de féministes sont hostiles à la pornographie, mais également des associations familiales, des groupes religieux, des militants anti-capitalistes hostiles à « l’exploitation commerciale des corps », les raisons avancées par les uns ou les autres peuvent différer ou converger).

Dans ce contexte de "libération sexuelle", où la sexualité est devenue omniprésente dans différents médias, certains s'interrogent sur les effets sociologiques et psychologiques de cette survalorisation du sexe (ou sexualisation excessive). Le cinéma pornographique présente, outre les caractéristiques et performances hors norme des acteurs, une sexualité qui se focalise sur la génitalité. Ainsi représentée, la pornographie véhicule de vieux mythes sur la sexualité (rôle actif de l'homme, focus sur l'orgasme coïtal de la femme, recherche de l'orgasme simultané du couple, etc..)[9].
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.perdu.com/
Gug
Administrateur
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 1072
Age : 33
Localisation : Sous un parachute ...
Maître jedi : Singe
Promotion : 2008
Date d'inscription : 14/10/2004

MessageSujet: Re: Le casse-tête chinois de la « coopétition »   Jeu 27 Nov - 11:05

si ca se trouve, a la base son sujet était intéressant ...

_________________
Co-fondateur Dreamage
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://dreamage.org
Thanos
Happy tree friend
Happy tree friend
avatar

Nombre de messages : 1227
Age : 29
Localisation : RTFM
Maître jedi : Brice/Tigrou/Furio 2k8
Promotion : ...
Date d'inscription : 19/08/2007

MessageSujet: Re: Le casse-tête chinois de la « coopétition »   Jeu 27 Nov - 14:54

ça parlait juste de l'avenir de l'aéronautique en Chine, ce qui pouvait éventuellement intéresser les postulant pour Shenyang...

_________________
ex-Vice-Prez Dreamage
En d'autres temps, d'autres lieux...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.elisa-students.fr/
Texas
suceur de poulpe
avatar

Nombre de messages : 401
Age : 30
Localisation : quelque part....
Maître jedi : Vins 2k8
Promotion : de connard
Date d'inscription : 21/10/2006

MessageSujet: Re: Le casse-tête chinois de la « coopétition »   Jeu 27 Nov - 15:59

Avant que ça ne parte en délire Wikipédia quoi.....
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Le casse-tête chinois de la « coopétition »   

Revenir en haut Aller en bas
 
Le casse-tête chinois de la « coopétition »
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Un vrai casse tete chinois
» Théorie des 5 éléments chinois
» pratique du bouddhisme chinois ?
» cinquièmes casse-pieds
» Gui : Esprit errant chinois

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
LE FORUM DE L'IPSALIEN :: Général :: Le Monde de l'Aéronautique-
Sauter vers: